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 20 juin 2008
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LE DOSSIER DU JOUR / L’été sera chaud… à 60%


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Les prévisions météo saisonnières, fiables à 60 %, annoncent pour juillet et août des températures supérieures d’un ou deux degrés à la normale. Selon des météorologues indépendants, le mois d’août sera humide.
Les météorologues pensent que l’été sera chaud. Mais leurs prévisions, si elles le sont plus qu’il y a une dizaine d’années, ne sont fiables qu’à 60 %.

> Grâce aux supercalculateurs,Météo France peut désormais produire des prévisions saisonnières, avec un taux de fiabilité de 60 %.
> On prévoit pour cet été des températures supérieures d’un ou deux degrés à la normale.
> S’appuyant aussi bien sur des modèles internationaux que sur des savoirs traditionnels, certains météorologistes amateurs, comme le Champenois Stéphane Fievet, tentent de livrer des prévisions alternatives à celles de MétéoFrance.

Prévisions saisonnières

Demain, c'est l'été. Les futurs vacanciers vont à la pêche aux prévisions afin de savoir si leur garde-robe estivale sera plutôt col roulé ou maillot de bain.
Les supercalculateurs des prévisionnistes permettent désormais d'établir des modélisations de l'atmosphère sur les mois à venir. Certes, sur ces échéances, les diverses analyses ont tendance à se contredire ou à être nuancées à l'extrême. Cela n'empêche pas Romain Coharde, chef du centre Météo France des Ardennes, de se risquer à une synthèse. « L'été 2008 devrait être légèrement plus chaud que la moyenne ». L'écart pourrait être d'« un ou deux degrés » par rapport aux normales climatiques observées depuis trois décennies. Pour les précipitations, il n'y a pas de signal particulier.
Le niveau de fiabilité accordé à ces prévisions saisonnières est de 60 %. « Cela veut dire que l'on a plus de chances d'avoir raison que de se tromper » précise le spécialiste ardennais. Vous restez sur votre faim
« En matière de prévisions saisonnières, je reconnais qu'il y a une légère déception par rapport à l'avancée de la technique », indique Patrick David, directeur de Météo France pour les régions Picardie et Champagne-Ardenne.
Certes, Météo France ne se mouille pas autant que le souhaiteraient les professionnels du tourisme, comme leurs clients, mais les progrès ces dernières années sont indéniables. Les prévisions fiables sous sept jours sont une banalité alors qu'elles étaient inimaginables il y a vingt ans encore.
« À la fin des années quatre-vingt, on ne devait pas dépasser 48 à 72 heures. Les prévisions pour le lendemain ou le surlendemain restaient incertaines », se souvient Patrick David.
En fait, Météo France gagne un jour d'échéance tous les cinq ans. C'est bien, mais le public aimerait sans doute que la progression soit plus rapide.
C'est pourquoi, les concurrents de Météo France, à savoir les chaînes de télé et les sites internet spécialisés, ont tendance a être plus hardis. Patrick David relativise volontiers leurs travaux.
« Certains prévisionnistes isolés font des effets d'annonce sans doute pour se faire connaître. Mais lorsque l'on y regarde de près, on constate qu'ils ont les mêmes informations que nous, voire moins. D'autres font des prévisions du type : il va faire plus chaud en juillet qu'en mai. Or, c'est bien normal. »
En matière de prévisions commerciales, on spécule surtout sur l'anormal. Pour l'heure, personne n'a annoncé de canicule pour l'été.
Mais les amateurs de montée de mercure peuvent toujours fantasmer. Tiens, la Météo a déjà fait des siennes chez nous en cette fin de printemps. Les 9 et 10 juin, il a fait 26,5 °C et 26,7° dans les Ardennes, département qui fut, ces jours-là, le plus chaud de France.D'habitude, en ce qui concerne les températures, les Ardennais sont en queue de peloton.
Voilà de quoi fonder les plus beaux espoirs pour les mois à venir. Même s'il faudra attendre encore avant d'avoir un été chaud garanti à 100 %.


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Prévisionniste amateur / Le passionné n'hésite pas à se mouiller

Stéphane Fievet est tombé dans la météo quand il était petit. Ce Champenois de 34 ans, natif de Vitry-le-François, est « un amoureux de la nature » qui a été marqué dans sa jeunesse par les grandes voix de la météo à la radio, comme Albert Simon sur Europe 1 et Jean Breton sur RTL. Si Laurent Cabrol l'invite quelquefois à l'antenne, Stéphane Fievet, devenu prévisionniste amateur, s'exprime surtout sur « alertes-meteo.com », le site internet qu'il anime avec son camarade Franck Bruel, météorologue professionnel.
Stéphane Fievet s'applique en particulier à établir des prévisions mensuelles et saisonnières. En la matière, il se mouille apparemment davantage que les prévisionnistes nationaux. « Météo France s'attache aux calculateurs et reste dans les très grandes lignes. Pour ma part, je vais plus dans le détail en m'appuyant sur les statistiques et sur les modèles mondiaux, par exemple américains et anglais. J'essaie tant bien que mal de faire des prévisions avec une réussite de 65 %. » Pour établir ses prévisions, le météorologue amateur observe également la nature et se réfère aux savoirs traditionnels comme aux dictons. Par exemple, Stéphane Fievet étudie le « vent des Rameaux ». « C'est celui qui souffle le dernier dimanche avant Pâques. Ce jour-là, avant midi, il faut regarder de quel côté ce vent est orienté. Par exemple, lorsqu'il est de sud-ouest dominant, le temps sera humide, souvent orageux et plus doux que la normale. Quand le vent est à l'est, c'est signe de sécheresse, au nord, c'est plutôt froid, au sud, c'est signe de chaleur. Sur les dix dernières années, cela marche une fois sur quatre. »
Autre indicateur utile, « le temps des rogations ». Elles correspondent aux trois jours qui précèdent le jeudi de l'Ascension. « Le temps qu'il fait le lundi annonce celui qu'il fera pendant les foins, donc en juin. Le mardi annonce le temps des moissons, donc en juillet-août. Et le mercredi annonce le temps des vendanges, donc en septembre. »
Quelles sont les conclusions de Stéphane Fievet pour l'été 2008 ? « Si l'on prend en compte les recettes anciennes, on a tendance à dire que l'été se fera en demi-teinte avec une tendance humide et orageuse ». Et selon le modèle numérique américain, « l'été connaîtra des températures globalement normales ou légèrement supérieures à la normale, sauf dans le sud de la France où le temps sera plus frais. Août sera plus humide, donc le meilleur mois sera juillet, en particulier pendant la deuxième quinzaine. »

Verdict à la fin de l'été.

Quelques sites de prévisionnistes alternatifs : Stéphane Fievet (www.alertes-meteo.com) ; Frédéric Decker (www.lameteo.org) ; Valentin Hollinger (www.hexgone-meteo.com) ; Guillaume Séchet (www.meteo-paris.com) ; Cyril Dupont (www.meteolafleche.com) ; Florent Planchon (www.science-climat.info)


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Visite / Aux commandes d'une station de Météo France

Dans le jargon de pros de la météo, on appelle ça « un tour d'horizon ». Il s'agit de deux écrans d'ordinateur apparemment semblables à ceux que l'on trouve dans n'importe quelle chambre d'ado. Pourtant, ces deux petites fenêtres numériques sont reliées à des bases de données internationales. En quelques clics, on peut voir le temps qu'il fait sur la terre entière.
Denis Coiffier, l'un des cinq prévisionnistes de la station départementale de Météo France de Belval, près de Charleville-Mézières, est aux commandes de ces machines environ trois fois par semaine, par session de douze heures. Son job : préparer les bulletins quotidiens à destination du grand public et des agriculteurs des Ardennes.
Le premier écran lui donne en direct la température, la pression atmosphérique, le taux d'humidité et la pluviométrie relevés par les huit stations automatiques du département. Sur le second écran, des animations rejouent à la demande les événements météo qui viennent de se dérouler dans les cieux. Les images radar peuvent montrer qu'elles ont été les précipitations et leur intensité au

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cours des deux dernières heures. Les films satellite retracent plus simplement les mouvements des nuages.
L'observation de ces évolutions aide le prévisionniste à établir le scénario météo des heures ou des jours à venir. Pour cela, il n'est pas seul. Météo France a développé des simulateurs numériques. Ce sont des supercalculateurs qui intègrent des millions de paramètres relevés sur la planète entière pour produire des cartes de prévision prêtes à l'emploi. De quoi se dispenser du travail humain ? « Plus les modèles sont précis et perfectionnés, plus on a besoin d'ajuster et de corriger les prévisions », indique Denis Coiffier. « C'est la machine qui fait le boulot, mais l'homme qui prend a décision », ajoute Romain Coharde, chef du centre départemental ardennais. Lundi dernier, le calculateur de Météo France avait prévu des pluies faibles sur le nord du département. En observant les derniers mouvements des précipitations au radar, Denis Coiffier a corrigé la prévision pour annoncer, à juste titre, des pluies à la frontière des Ardennes et de la Marne. Un petit coup de patte du prévisionniste qui, apparemment, fait encore la différence.


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L'interview / « Nos prévisions sont utilisables jusqu'à sept jours »

Patrick David est directeur Météo France pour la Picardie et la Champagne-Ardenne.
Comment vos outils ont-ils évolué ces dernières années ?
Patrick David : Il y a trois grandes évolutions. D'abord celle des techniques des télécommunications et de l'informatique avec l'augmentation considérable des puissances et des capacités de transmission et de calcul. Ont évolué également les capacités de modélisation numérique de l'atmosphère, aussi bien sur les jours à venir que sur les très longues périodes. Enfin, les techniques d'observation ont progressé avec le développement de la télédétection et de l'observation automatique avec transmission en temps réel.
Jusqu'à quelle échéance vos prévisions sont-elles fiables ?
P.D. : Actuellement nos prévisions sont utilisables jusqu'à sept jours. Évidemment, il y a des risques d'erreur quand on arrive jusqu'au sixième ou au septième jour, mais le taux de réussite est suffisant, même s'il reste difficile à quantifier.
Les modèles du centre européen de prévision fonctionnent jusqu'à dix jours. A ce niveau, les prévisions deviennent aléatoires. Cela n'empêche pas un ensemble d'autres modèles de donner de très grandes tendances à l'échelle de quelques mois, avec un succès très très mitigé.
Enfin, il existe une troisième gamme de modèles qui décrivent l'évolution de l'atmosphère sur plusieurs siècles.
Des petites sociétés ou des passionnés peuvent-ils rivaliser avec Météo France ?
P.D. : Ils n'ont absolument pas les moyens techniques de fournir les informations de base. Mais une petite société disposant de prévisionnistes, qui a accès aux principales sorties de modèles numériques peut, sur des points particuliers, fournir des prestations correctes. Ces sociétés - à plus forte raison les particuliers - ne disposeront jamais d'autant d'informations que les services météorologiques nationaux.
Le plan de restructuration 2011-2017 menace-t-il des stations dans la région ?
P.D. : Il n'y a pas de décision de prise. La concertation est en cours. Elle va se tenir jusqu'à l'automne avec les organisations syndicales. Un avis sera pris auprès des politiques. On parle de la fermeture de la moitié des stations départementales, ce n'est qu'un ordre de grandeur. Pour la BA 112, c'est une information un petit peu erronée. En fait, c'est le chef de station civil qui s'en va. Mais la station météorologique, avec son personnel militaire, reste bien. Il y aura encore un chef de station civil mais pour désormais trois bases aériennes. Pour Charleville et Saint-Quentin, ce n'est pas impossible, ce n'est pas traité. De toute façon, on veillera à maintenir un réseau territorial relativement sain par rapport aux autres pays européens et à ne pas conserver que les gros centres situés à proximité des grosses agglomérations. Il faut garder un maillage régulier et ne pas créer de désert.


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Agriculture / Quand le ciel menace la terre

Journée pluvieuse ne sors pas ta moissonneuse… On ne sait pas si cette parole de citadin pourrait réellement sortir de la bouche d'un agriculteur mais il est une vérité : l'évolution de la météo est cruciale pour les gens de la terre. Exemple : « Si après le semis des betteraves, il n'y a pas assez d'humidité, cela peut avoir une incidence sur le rendement qui peut passer de 80 à 50 ou 60 tonnes à l'hectare », explique Philippe Marion, conseiller de groupe au centre de recherche en environnement et en agronomie de Reims. Trop d'eau n'est pas bon non plus. Un excès de pluie au printemps risque de saturer les sols argileux de la Brie, du Tardenois ou de l'Argonne avec des conséquences dramatiques. « Cela peut conduire à la disparition pure et simple de la culture », indique M.Marion. Ce fut le cas notamment en 2001.
L'eau peut rendre également impraticable l'accès aux parcelles d'où l'impossibilité d'y envisager une quelconque intervention des tracteurs. L'ennemi des cultures c'est aussi le gel. Ceux du printemps peuvent être fatals aux semences de betterave mises en terre autour du 15 ou 20 mars. Le cas échéant, il faut replanter : l'agriculteur doit investir dans de nouvelles semences et perd en durée de culture ce qui peut dégrader le rendement à l'hectare. Le blé craint également le froid. Une descente de mercure en mars peut être néfaste à l'épi en formation à l'intérieur de la plante. L'ensoleillement a bien sûr son rôle. Le développement du colza peut être perturbé si les rayons se font rares à l'heure de la floraison.
On comprend alors que les agriculteurs soient particulièrement friands des prévisions de Météo France mais aussi de celles des sites internet et des chaînes météo. Cela ne les empêche pas de se fier à leur jugé. « Les agriculteurs ont conservé encore une bonne connaissance de leur microclimat. En observant les nuages, le sens du vent, ils ont une idée de l'évolution du temps sur la demi-journée qui leur permet de savoir s'ils peuvent mettre en chantier ou pas. »


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Observateur volontaire

Chaque matin, à 9 heures, Christian Le Beuf perpétue une tradition familiale : le relevé de la température et de la pluviométrie. Il fait partie des 3.171 volontaires qui transmettent leurs observations à Météo France. Naturaliste et agriculteur bio à Prunay, cet ancien élu régional aux allures de gentleman-farmer a ses principes. Il ne relève pas la température à un mètre du sol sous abri, mais au ras du sol à l'extérieur. « Lorsqu'il fait un degré sous abri, il peut faire moins deux sur la route. A cause de cela, les automobilistes se font surprendre par le verglas ». M. Le Beuf regrette que l'indemnisation que lui verse Météo France soit passée en 2007 à 105 € par an, contre 143 € auparavant, en raison de la disparition du cofinancement de l'agence de l'eau Seine-Normandie. « Ils nous ont prévenus à la fin de l'année, c'est mesquin ».

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Le Champenois Stéphane Fievet utilise toutes les sources possibles pour établir des prévisions différentes de celles de Météo France sur son site « alertes-meteo.com ».
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Christian Le Beuf, observateur volontaire en pleine action.
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Article paru le : 20 juin 2008


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