Quel temps fera-t-il


Stéphane Fievet annonce un hiver très rigoureux en janvier et février.

Le Marnais Stéphane Fievet, météorologue amateur, annonce pour cette année un hiver rude et un été orageux. Mais les modèles américain et européen de prévisions s'affrontent.

UNE douceur exceptionnelle en novembre, un froid sévère mi-décembre, de fortes amplitudes thermiques d'un jour à l'autre… un vrai casse-tête pour les prévisionnistes. Difficile, dès lors, de savoir ce que nous réserve 2010. Météo France ne s'aventure pas, officiellement, à prévoir le temps au-delà de sept jours… Certains passionnés, eux, osent, à l'image de Stéphane Fievet, 35 ans, météorologue amateur, originaire de Vitry-le-François et co-animateur du site alertes-meteo.com.
Stéphane Fievet admet d'emblée que ses prévisions saisonnières sont fiables à 65 %. Et trouve les 35 % d'incertitude plutôt excitants : « La météorologie est encore une science mystérieuse avec des effets papillon parfois inattendus. Tant mieux ! »
Alors quel temps en 2010 ? Commençons par janvier. Et là, problème : les avis divergent. « J'ai plutôt tendance à me ranger à l'avis de certains scientifiques américains qui prédisent un froid très intense entre le 20 janvier et le 14 février avec des -15, -20, dans les Ardennes et en Argonne », risque-t-il.
Metéo-France et la météo anglaise (très critiquée pour s'être trompée sur la dernière météo estivale en Grande-Bretagne) tablent, elles, sur un mois de janvier plus froid que d'habitude, mais uniquement du 4 au 10. Ensuite, les températures seraient proches des normales saisonnières.
Michel Pasquier, délégué de Météo France dans la Marne, donne ces informations avec parcimonie et réticence : « Les prévisions à deux mois sont des prévisions de scénarios à l'échelle non plus d'un département, mais de la France. Elles sont d'ailleurs plus fiables dans les régions tropicales que chez nous. »
Stéphane Fievet persiste et signe et oppose à Météo France certains arguments pour annoncer un hiver très rigoureux en janvier et février : « Depuis la mi-décembre, nous sommes dans une situation atypique, inversée. Les dépressions passent à des latitudes sud, des Açores à la Méditerranée, alors que l'anticyclone qui nous gouverne reste entre le Groënland et l'Islande.
C'est cette situation bizarre qui est à l'origine des pics de froid de décembre. Et cette situation est en train de se renforcer actuellement. »
Printemps laborieux
« Le problème avec les prévisions saisonnières est parfois le décalage d'une quinzaine de jours, soit en avance, soit en retard, mais le nord-est de la France est clairement dans une zone de conflit. » Brrrr ! Et pour ne rien arranger, Stéphane Fievet annonce « un printemps qui aura du mal à se mettre en place ». « Il y aura des coups de froid encore tardifs, un temps instable notamment en avril, avec des risques d'inondation, avec la conjonction de fortes pluies et la fonte de neige. »
Il faudra attendre mai pour qu'enfin le temps paraisse agréable sous nos latitudes, explique Stéphane Fievet qui redoute « un été assez médiocre, plutôt orageux ». L'aurait-il lu dans une boule de cristal ? « Je m'appuie sur des températures en dessous des normales et une forte humidité en Méditerranée. Cela n'annonce pas de canicule mais au contraire des remontées orageuses par la péninsule ibérique. »
Le jeune homme n'a rien d'un hurluberlu. Chargé des ressources humaines dans une grande entreprise française, il consacre tout son temps libre à l'étude des phénomènes atmosphériques. Il échange régulièrement avec des journalistes spécialisés comme Guillaume Sechet, Laurent Cabrol ou Frédéric Decker, et croise les données britanniques, allemandes, françaises, coréennes, américaines…
Qui a raison, de Météo-France ou de Stéphane Fievet ? Premiers éléments de réponse dès la fin janvier.
Christophe PERRIN