L’oscillation atlantique multidécennale (OAM) est une variation de la température de surface de la mer qui s'étend sur plusieurs décennies, de 40 à 80 ans, observée dans le Nord de l'Océan Atlantique en soustrayant la variation linéaire due au réchauffement climatique.

Bien que mesurée et intégrée dans de nombreux modèles et observations historiques, une polémique existe à propos de sa portée réelle, en particulier en ce qui concerne le lien entre le phénomène des ouragans dans certaines parties de l'Atlantique, et la température de surface de la mer. Selon Kerry Emanuel, météorologue du Massachusetts Institute of Technology, le réchauffement climatique tendrait à faire évoluer cette tendance.

L’OAM est calculée en soustrayant de la température de surface de la mer la composante due à l'effet de l'augmentation des gaz à effet de serre sur l’atmosphère. Elle ressemble à des oscillations semblables dans les modèles numériques du climat et qui sont associées à de faibles changements de la circulation thermohaline dans l'océan Atlantique Nord. Cependant, les données historiques ne s'étendent pas sur une période suffisante pour conclure que les deux coïncident.

Le calcul de l’OAM dépend de l’hypothèse que l'effet du réchauffement climatique est généralement considérée comme étant linéaire et lisse. Cependant, si celui-ci s'éloigne de cette hypothèse et offre des variations plus aléatoires, ces dernières vont fausser les cycles de l'oscillation multidécennales.

Au-delà de cette définition universellement admise, les organismes météorologiques utilisent d'autres approches de l'oscillation. Ainsi, la National Oceanic and Atmospheric Administration préfère parler d'un signal tropical, qui se focalise plus sur la température de surface de la mer et les schémas de la pression moyenne, et qui ne comporte aucune référence à la circulation thermohaline. Ce signal est lui-même divisé en une composante multidécennale, qui n'est autre qu'une vision particulière de l'OAM, et un signal quasi-décennal.

L'intensité des tempêtes tropicales et des ouragans dans l'Atlantique Nord semble quant à elle faiblement reliée avec l'OAM. Durant les périodes chaudes de l'oscillation, au moins deux fois plus de tempêtes deviennent des ouragans que durant la phase froide. Le nombre de faibles systèmes en périodes froides versus forts systèmes en périodes chaudes est moins évident mais il existe définitivement une augmentation significatives des ouragans majeurs durant les périodes chaudes.

Par exemple, la période chaude depuis 1995 voit beaucoup plus d'ouragans de catégorie 3, et plus, par rapport à la période froide des années 1970 et 1980. Cette relation s'explique par la variation des paramètres de l'atmosphère qui se font tous dans un sens favorable à la cyclogénèse tropicale avec une Oscillation positive. La pression au niveau de la mer favorise l'activité convective, le renforcement de la mousson du Sahel et la hausse de l'instabilité du courant-jet africain d'Est favorise la formation de précurseurs solidement organisé, et la baisse du cisaillement de vent permet la structuration et le développement des cyclones tropicaux.

L'OAM semble reliée à la variation sur de longues périodes de la pluviosité et des températures de l'air dans l'hémisphère nord, en particulier en Europe et en Amérique du Nord. Par exemple, la période d'OAM au-dessus de la moyenne de 1925 à 1965 semblent correspondre à une fréquence accrue de sécheresses, comme le Dust Bowl des années 1930 et celles des années 1950 dans l'ouest du Canada et des États-Unis, mais à des périodes plus arrosées sur le côte nord-ouest du Pacifique et en Floride.

La hausse de la température de surface de la mer dans l'Atlantique Nord implique également une baisse de la pression moyenne dans la même région. L'air plus chaud a tendance à se dilater et la pression baisse en conséquence. Il a plusieurs implications. Le gradient de pression entre l'équateur et l'anticyclone s'affaisse, donnant des alizés plus faibles. En retour, l'océan se refroidit moins. En effet, les alizés favorisant la dispersion de l'énergie par convection, à l'image de quelqu'un soufflant sur un plat chaud pour le refroidir. Cette oscillation s'entretient donc d'elle-même. De plus, des alizés plus faibles signifient un cisaillement de vent réduit sous les tropiques et la hausse de la température de surface des mers amène une mousson plus forte au Sahel.

Les effets des phases froides et chaudes sont identifiables dans le climat de l'Amérique du Nord. Entre 1900 et 1925, durant une phase froide, les températures annuelles ont été relativement basses. Durant les trente années suivantes et une phase chaude, les températures ont été plus douces. Le cycle s’est vérifié à chaque fois par la suite.

Les projections de l'AOM étendent la phase chaude commencée en 1995 jusqu'au moins 2015 et possiblement jusqu'en 2035. Cependant, la compréhension actuelle du phénomène ne peut que donner des probabilités de sa durée ce qui est quand même utile à des fins de planification.

Son influence semble importante pour l'Europe. Cette oscillation est très lente. En phase chaude, elle semble favoriser des conditions plus chaudes que la normale sur l'Europe (en période estivale) et vice-versa. Nous sommes dans une phase chaude actuellement et cela semble corréler avec l'augmentation de la température sur l'hémisphère nord, par ailleurs....

Index AMO 1572-1985

Index AMO 1856-2019